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 Les Wikings en Amérique

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Galdar
L'Enfant d'Odin
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MessageSujet: Les Wikings en Amérique   Sam 30 Jan 2010 - 2:53

Voici un article intéressant que j'ai trouvé dans le WEBZINE "L'Initiation":

La Découverte de l'Amérique par les Vikings
 
‘‘ Il fut question d’un pays que de nombreux voyageurs ont découvert dans cet océan et qu’ils ont appelé Vinland parce que la vigne y pousse à l’état sauvage ’’
 
Certains mythes ont la vie dure. Celui de Christophe Colomb découvrant l’Amérique en est un bon exemple. On sait maintenant que les vikings, plusieurs siècles auparavant, avaient franchis l’Océan Atlantique et s’étaient même implanté sur l’actuel Canada...
 
La notoriété du Vinland date surtout de l’époque moderne. Ce qui est assez paradoxal, car ce pays, à peu près ignoré des contemporains lors de sa découverte et abandonné presque aussitôt que connu, n’est devenu célèbre que sous le nom d’Amérique. Historiquement parlant, c’est Adam de Brême, célèbre chroniqueur allemand, familier des cours nordiques en voie de christianisation, qui en fit la première mention. En 1070, faisant part de renseignements recueillis, soit du roi Sven Estrithson, soit du chef islandais Torkel Gellirson, il écrivit «Il fut en outre question d’un pays que de nombreux voyageurs ont découvert dans cet océan et qu’ils ont appelé Vinland parce que la vigne y pousse à l’état sauvage. Les moissons y fleurissent sans qu’on ait besoin de les semer. Cela n’est pas une rumeur sans fondement, mais ressort de commerçants danois les plus sérieux.»
Après Adam de Brême, ce fut l’Islandingabok, une sorte de chronique islandaise, qui, en 1130, mentionne le Vinland, en passant, comme s’il s’agissait d’un pays connu de tous. Parlant d’une peuplade inconnue (sans doute des Esquimaux).
«On peut en conclure, signale-t-il, que ce sont là les mêmes gens qui habitent le Vinland et que les Northmens appelent Skaelinger.»
De même, les annales islandaises mentionnent, en 1121, le voyage que fit le nouvel évêque du Groënland, Éric Gnupson, au Vinland. Au XIIIe siècle, une Geographia universalis mentionne une île de l’océan, appelée Wyntlandia. Mais tous ceux qui ont déjà entendu parler du Vinland savent déjà que ce sont les sagas vikings qui parlent le plus explicitement de ce pays et de sa découverte. Encore faut-il rectifier quelques légendes en cette matière. D’abord, ce ne sont pas les écrits les plus anciens concernant le Vinland ; en effet, les «sagnamaor» (auteurs de sagas), qui furent les contemporains et, probablement, les continuateurs de nos trouvères, eurent leur heure de gloire au XIIe et surtout au XIIIe siècle. Ils participent au mouvement culturel européen, né avec La Chanson de Roland, qui, après avoir produit le cycle de Charlemagne et les romans de la Table Ronde, conduisit les poètes nordiques à l’adapter aux traditions de leur pays. Mais, il faut y insister, un siècle au moins après la fin de l’épopée viking.

Beaucoup d’ouvrages prétendent que la découverte du Vinland est relatée dans la Saga d’Eric le Rouge. C’est faux : le texte de base est le «Dit des Groenlandais», qui ne conte pas moins de cinq voyages vers le Vinland. Le dernier étant celui de Freydis, la fille d’Éric le Rouge. Celle-ci, abordant ce nouveau pays, fut surprise par les Skaelingar, qu’elle mit en fuite en... dénudant sa poitrine. C’est, comme souvent, une tempête et des vents contraires qui furent à l’origine de la découverte de cette nouvelle terre. Vers 386, l’Islandais Bjarni Herjolfsson doublait la pointe sud du Groënland pour rejoindre les établissements qu’Éric le Rouge venait de fonder sur la côte occidentale de cette île, lorsque les éléments le rejetèrent vers l’ouest et le sud. Il aperçut des côtes et des forêts inconnues qu’il n’osa aborder. Le vent ayant tourné, il regagna le Groënland en quatre jours.
Qu’une île boisée puisse se situer non loin de leur pays, ne pouvait qu’intéresser les Groenlandais qui souffraient d’une chronique pénurie de bois. Aussi, en 999, le fils d’Éric le Rouge, Leif le Veinard, s’embarqua-t-il pour retrouver le pays entrevu par Bjarni. Suivant le même itinéraire, il aborde d’abord dans une contrée au sol nu, sans herbe, qu’il nomme Helluland (Pays de la Pierre plate). Puis, continuant à longer des côtes de sable blanc, il remarque bientôt des forêts dans le lointain. Il baptise cet endroit le Markland (Pays des Forêts). Enfin, il arrive à un cap, précédé d’une île. L’endroit paraissant hospitalier, on y débarqua. Alors qu’on se préparait à y passer la nuit, on découvrit la disparition d’un compagnon de Leif, un Allemand du nom de Tyrkir. On se mit à sa recherche et on le découvrit en train de danser une gigue enthousiaste. À ses compagnons surpris, il déclara avoir fait une grande découverte : il avait découvert des vignes et des grappes de raisin. «En es-tu certain ?» demanda Leif. «Tout à fait ! N’oublie pas que j’ai grandi dans une région où l’on trouve partout des vignes et des grappes de raisin».
De là, bien sûr, l’origine du nom Vinland. Il paraît à peu près certain que Tyrkir avait découvert de la vigne sauvage, qui s’est maintenue jusqu’à nos jours sur la côte est des Etats-Unis. En 1524, l’explorateur Jean Verrazano signalera dans cette région que «Les vignes grimpent le long des arbres comme dans le Midi de la France.»
En remontant le Saint-Laurent, Jacques Cartier en découvrit sur les deux rives du fleuve. Avant d’être rebaptisée Isle d’Orléans, puis Anticosti, cette île, dans l’embouchure du même fleuve, fut nommée «île de Bacchus». Comme, d’autre part, on découvrit que le Vinland possédait aussi le maïs sauvage, le riz sauvage et la folle avoine, il n’est pas étonnant que, pour les Northmens habitant l’Islande et le Groënland, il ait fait figure de pays de cocagne : Vinland it goda (Vinland-le-bon).

Les Vikings sont-ils donc les véritables découvreurs de l’Amérique ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, il semble que non. D’autres récits (la Eyrbyggja Saga, par exemple) font des allusions à ces pays lointains. Il est dit que Bjarn Breidvikingakappi (tout le monde n’a pas la chance de s’appeler Jean Dupont) eut à affronter les indigènes du Hvitramannaland (Pays des Hommes Blancs). Ils semblent être les Indiens naskaupi, qui, jusqu’à nos jours, se sont vêtus de peaux de chamois blancs. Mais l’intéressant est que le texte ne semble pas faire de différence entre ce «pays des Hommes blancs» et «Irland et Mikla» : la Grande Irlande. Des Irlandais y avaient-ils précédé les Scandinaves ?
L’Irlande, cet ancien Extrême Occident, a connu son âge d’or après son évangélisation par saint Patrick. Échappant, par son caractère isolé, aux Grandes Invasions, elle ne tarda pas à devenir un grand foyer culturel, surtout célèbre par ses grands monastères à la règle d’une proverbiale austérité. Ceux-ci ne manquèrent pas d’essaimer sur l’île voisine et sur le continent. Leurs missionnaires, par leur qualité et leur zèle (saint Boniface était irlandais), jouèrent un grand rôle dans l’évangélisation de l’Angleterre, de la Germanie, et participèrent à la renaissance carolingienne. Sur mer, leur activité ne fut pas moins grande. Le coracle irlandais, petit bâtiment de peaux cousues, moins célèbre que le «drakkar» viking (appelé, en réalité, selon ses usages, «knorr», «skoeio», «karv» ou «snekkja»), n’était pas moins étonnant par ses performances maritimes. Il paraît historiquement établi qu’ils occupèrent les Orcades, les Feroë et les Shetland. Puis, continuant vers le nord, ils furent certainement les premiers Européens à coloniser l’Islande. Et ce sont ces périples maritimes qui donnent son crédit au voyage de saint Brandan.
«Encore honoré de nos jours dans les régions qui connurent sa vie et sa légende, il y porte alternativement les noms de Brennain Mar Finn loga, Brandanes, Brendan, Brandan, Brenan et même Brévalla, Brevara, Blevara... Mais de tous les noms qui lui sont donnés en terre celtique, celui de Brendanus (ou Brandanus) reste, de loin, le plus répandu.»

L’Église ne connaît aucun saint du nom de Brandan, mais cela tient à ce que, au haut Moyen Âge, les canonisations étaient proclamées par les églises locales pour être confirmées - ou non - par les conciles ou le Pape. Beaucoup de personnalités locales, bienfaisantes, ou tout simplement célèbres, ont bénéficié de cette procédure. En tout cas, l’historicité du moine Brandan ne paraît pas faire de doute.
Le personnage en question semble avoir, au VIe siècle, fondé l’abbaye de Cluainfert. Il est célèbre pour avoir accompli au moins deux voyages maritimes plus ou moins confondus dans les récits ultérieurs. Le premier, en 543, en direction du nord, semble prouver que le Saint s’est enfoncé loin dans les mers du nord, au-delà du cercle arctique, jusqu’au 72e ou 73e degré et qu’il a presque certainement découvert l’île Jan Mayen au moment d’une éruption (René Thévenin). Pour le second, vers 551, il s’embarque avec dix-sept compagnons pour découvrir les «Îles des Bienheureux».
Il faut savoir que les vieilles traditions celtes, évidemment très vivaces en Irlande, parlaient de «l’île de jouvence», des «Îles vertes», et même de la «Terre d’O’Brazil», situées loin à l’ouest. Le moine Brandan, c’est-à-dire un intellectuel de l’époque, ne pouvait que faire le rapprochement avec le Paradis des Écritures. De là à tenter de le découvrir...

Il existe plusieurs versions de ce voyage. Nous citerons le récit standard. Après plusieurs jours de navigation, Brandan et ses compagnons rencontrent une cathédrale de cristal dont les fondations disparaissent dans les profondeurs marines. On en fait respectueusement le tour, pour se rendre compte qu’elle flotte, dérivant lentement vers le sud.
Il est très facile d’identifier ce «miracle» à une rencontre avec un iceberg. Le second prodige est plus difficile à admettre. Les compagnons accostent un îlot, Brandan y célèbre la messe, mais, dès l’office achevé, le «rocher» s’ébranle et plonge dans la mer. C’était le dos d’une gigantesque bête marine... Ce récit, avec des variantes, se retrouve dans les récits de marins de plusieurs cultures. Et il est amusant que les cryptozoologues d’aujourd’hui se demandent sérieusement quel genre d’animal (cétacé ou tortue géante) a pu être ainsi confondu avec une île. L’exploration continuant, les voyageurs atteignent une côte, qu’ils se mettent à longer en direction du sud, et arrivent à proximité d’une île, qu’aujourd’hui on situe aux Bahamas. Puis, ils abordèrent une côte «magnifique et bien fleurie» (la Floride ?). Dans une autre île, ils rencontrèrent un «Ethiopien» (sans doute la variété d’Américains qu’on appelle Peaux-Rouges). Enfin, ils découvrirent une «admirable fontaine», à l’eau soporifique, dans une autre île. Après quoi, ils reprirent la route de l’Irlande.
Les voyages de saint Brandan ont connu une extraordinaire popularité pendant tout le Moyen Age, avant d’être âprement controversés de nos jours. On pense souvent qu’ils ont été tirés des «Imramas», version irlandaises des sagas. Mais comme celles-ci n’ont été composées que vers 700, rien n’empêche de supposer qu’elles relatent, sous une forme plus ou moins poétique, un ou des voyages réellement effectués avant 600.
Maintenant, a-t-on des preuves de l’implantation européenne en Amérique avant Christophe Colomb ? Comme disait Régis Boyer, si on n’en a pas la preuve formelle, on en a au moins de très fortes présomptions. Ainsi, en 1830, en plein centre de la petite ville de Fall River, fut découverte la tombe d’un homme encore revêtu d’une cuirasse métallique. Longfellow immortalisa le fait dans un de ses poèmes : Le Squelette dans le placard. Des américanistes pensent qu’il s’agissait du corps d’un Viking : «Les découvertes de Helge et Anne Ingstad... méritent le respect. Ils ont exhumé, à l’Anse-aux-Meadows, près d’Epave-Bay, dans le nord de Terre-Neuve, des emplacements de vastes maisons de type scandinave, y ont trouvé divers objets dont une enclume et un volant de fuseau en steatite.» (Régis Boyer, Les Vikings). On y a également trouvé un four à minerai de fer. Un autre fut découvert à Climax (Minnesota), un autre encore aux environs de Détroit. On trouva de même des restes d’embarcations vikings à Procasset (Massachusetts). Des haches de fer ont été découvertes en Nouvelle Écosse, au Cap Cod, à Rhode Island et au Michigan. La liste n’est pas exhaustive et encore moins close.

Comment l’Europe a-t-elle fait pour perdre le contact, puis le souvenir, de ses éléments avancés ? Ce n’est certes pas pour les avoir ignorés on a déjà vu que c’est en 1121 que le pape Pascal II nomma Erik Gnupson évêque du Groënland et du Vinland. D’après Broegger, un grand spécialiste des Vikings «Il est certain que, pendant des siècles, les Groenlandais ont maintenu en permanence le contact avec le Markland.»
La dernière mention islandaise de ce pays semble remonter à 1347 : «Un bateau arriva aussi du Groënland. Il était plus petit que la plupart des bateaux islandais. Il pénétra dans le Stramfjord, ayant perdu son ancre ; dix-sept hommes étaient à bord. Ils étaient allés au Markland, mais par la suite la mer leur avait mené la vie dure.»
La date de ce document est-elle l’explication de la tragédie ? C’est en 1348 que débuta la grande Peste Noire. Il est fort possible qu’elle ait totalement éliminé la population groenlandaise qui ne dut jamais dépasser 3 000 âmes, interrompant de même les liaisons avec le Markland et le Vinland. Régis Boyer préfère évoquer l’argument climatique. Du IXe au XIe siècle, nous avons la certitude d’un notable réchauffement de l’Atlantique nord : il serait impossible aujourd’hui de faire les mêmes voyages, dans les mêmes conditions, qu’Eric le Rouge et ses enfants. Après 1200, est intervenue une «petite période glaciaire» avec développement de la banquise et important apport d’icebergs. Cela aura suffi à l’extermination de ces habitants.» Le dernier lien avec ces territoires excentriques se rompit après 1377, date de la nomination du dernier évêque de Gadarr. Dix ans auparavant, le Danemark avait cessé de maintenir le lien avec le Groënland, après le naufrage du «Groënland knôrr», le dernier navire à assurer la liaison.
 
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skallagrimsson
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MessageSujet: Re: Les Wikings en Amérique   Lun 12 Avr 2010 - 18:22

sympatique article, mais hélas un peu court et peu prècis quant à la periode viking.

J'ai finit une étude sur les voyage au vinland et une raison des échecs est le peu de personnes impliqué dans le processus... tout au plus 200 personnes...quand on sait la difficutlé des 3000 groenlandais...

J'invite tout le monde à se lancer dans la Grœnlendinga saga et la Eiríks saga rauða....très sympatique à lire
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